Depuis l'Ancien Régime, la rue considérée comme une source permanente de dangers et de désordre potentiel, constitue une préoccupation essentielle des pouvoirs.
Une mise en perspective sur le temps long — des événements de la période révolutionnaire à la Commune de Paris — permet de mesurer la violence récurrente qui marque les émeutes, troubles, révoltes, révolutions qui jalonnent la France du XIXe S. et expliquent l'attention que tous les régimes successifs ont portée au contrôle d’un espace public où le moindre attroupement, la moindre "émotion populaire" peut déboucher sur des désordres ou des émeutes généralement réprimés dans le sang.
Le problème change de nature avec l'installation durable d'un régime démocratique qui a inscrit le mot "liberté" au fronton des bâtiments publics. Confrontés à la revendication — au nom de la liberté d'expression — d'un droit de manifestation jusqu'alors assimilé à un « droit à l'émeute », les hommes du 4 septembre et leurs héritiers n'ont guère fait preuve d'enthousiasme. C’est pourquoi, en dépit d'incontestables avancées libérales, la législation de la IIIe République resta suffisamment restrictive pour nécessiter l'intervention constante des forces de l'ordre. Dans ce domaine, la République ne pouvait reprendre à son compte les pratiques sanglantes qui avaient eu cours tout au long du XIXe siècle et pourtant les premières décennies de son existence sont marquées par des drames sanglants. Le 1er mai 1891 à Fourmies, les morts de Draveil, Villeneuve-Saint-Georges, Narbonne démontrent l’urgente nécessité d’une transformation des modalités, des acteurs, des techniques du maintien de l’ordre.
Qui est Jean--Marc BERLIERE ?
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